La collection de documents de swisstopo comprend un grand nombre de rapports de vol. Ceux-ci documentent les vols réalisés par la Confédération pour la photogrammétrie aérienne. Les services de vol de l’Office fédéral de topographie et de la Direction des mensurations cadastrales, qui ont été fusionnés en 2000 pour devenir le Service de vol swisstopo, ont pris des centaines de milliers de photos aériennes de la Suisse.
Pour produire ces photos aériennes, des pionniers téméraires de la photogrammétrie aérienne suisse ont défié les lois de la pesanteur et documenté les vols effectués dans des rapports de vol. Ces rapports constituent aujourd’hui une source très instructive permettant de mieux comprendre le processus qui s’opère derrière les prises de vue aériennes, puis d’évaluer les photos. Les anciens rapports des troupes d’aviateurs fournissent des renseignements, tels que les noms des pilotes et observateurs, l’avion apprêté, l’appareil photo utilisé ainsi que l’objectif et la distance focale, l’objet survolé mais aussi des indications sur les aéroports de départ et d’arrivée.
Outre des faits clairement mesurables et déterminables, comme le temps de vol, y figurent çà et là des notes et remarques consignées par les observateurs accompagnateurs et qui nous révèlent des informations sur le jour du vol. Les conditions météorologiques et la visibilité revêtaient notamment une grande importance. Pour créer les photos aériennes, l’équipage des vols de mensuration avait besoin d’une vue dégagée. Dans un rapport de vol du 3 juillet 1957 par exemple, Ulrich Frischknecht, observateur de la Direction fédérale des mensurations cadastrales écrit que l’équipage devait composer avec les nuages, leurs ombres projetées et les rafales de vent. Outre les conditions météorologiques difficiles, des problèmes avec les appareils photo pouvaient aussi rendre la vie dure à l’équipe du Service de vol, comme le prouve le rapport de vol du 2 juin 1957 : en raison d’un dysfonctionnement au niveau des appareils photo et du régulateur de chevauchement, le vol avait dû être interrompu malgré un ciel dégagé.
Les progrès techniques des dernières décennies ont rendu les vols de mensuration bien plus simples et sûrs. Ce qui, en revanche, n’a pas changé est l’importance de la météo. Si un nuage recouvre la vue, aucune photo aérienne n’est possible.